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Vie Nocturne

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26 Re: Vie Nocturne le Mer 27 Mar 2013 - 21:14

Elle les entend hurler. Elle sait qu'ils vont la trouver. Mais elle court. Elle zigzague entre les arbres, prise d'une agilité soudaine. Elle n'a jamais couru aussi vite, à part peut-être les jours où elle faisait la course avec Jude, Peter et Ugo ; elle courait comme si sa vie en dépendait. C'est pareil aujourd'hui, à la seule différence que cette fois, sa vie en dépend vraiment. Les hurlements se font de plus en plus proches, et elle perçoit le bruit de leurs pattes dans la neige. Ils sont derrière elle, maintenant. Elle se retourne brusquement, trop brusquement peut-être. En tombant, sa tête heurte un tronc d'arbre et sa vision se trouble. Elle reconnaît soudain les lieux. Et c'est le noir.

La petite fille court dans la forêt.
Ses longs cheveux flamboyants virevoltent derrière elle. Parfois, ils s'accrochent même dans des branches d'arbre trop basses. Mais elle s'en fiche, elle veut à tout prix gagner. Elle sait pertinamment contre qui elle joue, et elle sait comment les amadouer. Des grands frères, aussi intraitables soient-ils, ne laisseront jamais leur petite soeur perdre à la course. La petite rousse voit enfin ses frères. Elle se jette sur le plus grand des trois, et tombe par terre. Les garçons se retrouvent alors à genoux dans la neige à torturer leur petite soeur à coups de chatouilles. Elle rit aux éclats, et crie aussi, les supplie d'arrêter. Soudain, l'un d'eux enfonce ses dents dans l'épaule de la petite fille qui hurle de douleur.

Lily ouvre les yeux. Ce n'était pas un rêve, c'était un souvenir, se dit-elle. Elle se trouve toujours dans la même forêt. Et les créatures sont toutes là, à ses pieds. Sauf une, qui vient de lui mordre l'épaule. La jeune fille essaye de se retourner sur le ventre. Deux des choses s'acharnent sur elle. La douleur est insoutenable. Lily sent une odeur de bête, de bave, de sang et de forêt mélangées. Elle a envie de vomir. Soudain, la dernière créature, la plus grande, s'assoit sur le thorax de la jeune fille. La rousse ne peut plus respirer. La chose ouvre la gueule et fond sur son visage.




Lily se réveilla en sursaut. Encore une fois, pensa-t-elle. Lorsqu'elle se leva, un liquide chaud coula dans son cou. De la sueur, sûrement, après le cauchemar qu'elle venait de faire... Prise d'un doute, elle courut dans la salle de bain et se planta devant le miroir. Elle releva ses cheveux. Ce n'était pas de la sueur, mais du sang. Qui s'écoulait de deux petits trous, comme des traces de crocs. Elle avait la même chose sur l'épaule. Elle retir son pyjama et nettoya ses plaies avec de l'eau. Au moment de se rhabiller, elle remarqua que le T-Shirt avec lequel elle avait dormi était imbibé de sang. Elle se retourna et se tortilla pour pouvoir regarder son dos. Il avait été lacéré à grands coups de griffe. Lily retint un hurlement, enfila le T-Shirt à la va-vite et couru dans la Salle Commune. Elle ne voulait pas se retrouver seule, elle avait besoin de voir des gens.


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archie redding, serpentard, six 
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i'd have been yours, if you had been mine
but my hopes had faded by the time
can you hear me tonight? 
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27 Re: Vie Nocturne le Sam 30 Mar 2013 - 13:53

Elia Stalia

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5ème année
5ème année
La jeune fille frissonna dans sa chemise de nuit blanche. Les yeux grands ouverts, elle repensait à la journée d'aujourd'hui mais surtout à son horrible rêve de la veille. Un léger sourire éclaira son visage : pour une raison mystérieuse, Jazz était venu cette nuit la voir au moment où elle se réveillait. Avait-il senti sa détresse ? Avait-il fait un cauchemar semblable ?
En se rappelant la puissance de son étreinte, Elia se sentit seule dans son dortoir. Jazz lui manquait. Allongée dans le noir, elle fixait obstinément le plafond de son lit à baldaquin, luttant contre le sommeil. Si elle ne pouvait pas se battre contre lui, au moins pouvait-elle retarder le moment de s'endormir.
C'est ce qu'elle croyait.

Elia se tient assise face à sa mère. Eloria lui sourit, très gentiment. Très simplement.

- Tu m'avais manqué, Elia.

La Dessinatrice eut un instant de flottement. Cette phrase lui disait quelque chose. Comme si ce n'était pas la première fois qu'on lui faisait cette déclaration.


- Tes tantes veulent te rencontrer. Toute la famille t'attend. Ne les fais pas attendre et surtout sois sage, mon ange...

Eloria disparut. Autour de la table, ils étaient désormais dix, vingt, trente. Grands et pâles, froids et impressionnants, ils la regardaient d'un regard glacial. Des vampires.
Déglutissant, Elia se rappela vaguement que sa mère descendait de ces immenses créatures à demi-immortelles.


- Oh mais quelle horrible enfant !
- Qu'elle est laide !
- Elle ne peut pas être de notre famille, c'est une honte !
- Comment Eloria a-t-elle pu mettre au monde une enfant si dégoûtante ?


La jeune fille frémit. Les mots tranchaient sa faible résistance, les mots coupaient son armure et déchiraient son coeur. Ce n'était pas de sa faute...

- Elle a besoin que nous nous occupions d'elle.
- Il était grand temps que nous la rencontrions.

Les vampires jacassaient, indifférents à leur nièce qui tremblait de peur et de douleur. Les femmes étaient belles mais terribles, les hommes majestueux mais terrifiants. Leurs yeux rouges détaillaient sa silhouette fine, sa peau blanche et son regard gris perdu, légèrement moqueurs, légèrement dangereux. Les femmes possédaient de longs ongles vermeille, leur longue chevelure oscillaient entre le pourpre et le noir.

- Viens-là, mon enfant.

Ils tournaient autour d'elle. Ils levaient les bras et incantaient. Ses oncles se tenaient en arrière, les bras croisés, psalmodiant d'inaudibles paroles. Ses tantes riaient en chantant et en dansant.
Elia frissonnait.

- Qu'elle devienne notre ! dirent-ils tous soudainement.

Alors Elia eut mal. Du sang - le sien - s'écoula de son corps. Sa peau devint pâle. Ses deux canines s'allongèrent. Elle tomba à terre, brûlante de douleur, glaciale de peur.
Clac, clac.
Des mèches grises l'entouraient.
Clac, clac.
Comprenant enfin, Elia se retourna brusquement. Ils s'attaquaient à elle !
Elle tourna son visage vers eux... La lame du ciseau dévia et pénétra son oeil.


Douleur immense.
Elia poussa un cri en se réveillant. Elle porta les mains à son visage, apeurée, terrifiée, terrorisée. Elle sentait du liquide sous ses doigts. Sans doute avait-elle pleuré dans son sommeil.
La Préfète poussa un soupir, tentant de rassembler ses pensées. Certes, une partie très lointaine de la famille de sa mère comprenait des vampires, certes il faudrait qu'elle les rencontre un jour. Mais jamais ils ne s'en prendraient à elle. Elle était déjà des leurs, elle faisait partie de leur famille. Elle ne craignait rien.
Pour calmer ses tremblements, Elia se leva en direction de la salle de bain. Boire un peu d'eau lui ferait sans doute du...

- Non ! Ce n'est pas possible...

Elia s'approcha en courant du miroir, détaillant son corps. Là où elle avait hier une longue chevelure grise et bouclée, elle ne possédait plus désormais que de courtes mèches ébouriffées. Mais le pire était son oeil gauche. Ensanglanté, il ne distinguait plus les couleurs.


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Elizabeth O'Brien, élève de sixième année dans la maison Poufsouffle. 

Crédit avatar : Fae.
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28 Re: Vie Nocturne le Sam 6 Avr 2013 - 21:09

Kamira Manliot

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2ème année
2ème année
J'ai peur de m'endormir soudain. Lorsque le jour s'était levé au matin, un intense bonheur de soulagement m'avait emplit à la vue de la lumière. L’aurore chasse les doutes. Il y a trois jours encore la nuit m'apaisait comme rien ne le pouvait, aujourd'hui elle m'effraie. Je sais ce qui m'attend cette nuit, je sais que je vais faire un cauchemar. Sur Terre comme sur AutreMonde on dit toujours "Jamais deux sans trois" et après deux nuits de cauchemar, au sens propre du terme, une troisième s'impose. Embri saute sur ma couette et me pousse du nez, rassurant. Je lui réponds d'un sourire en caressant ses oreilles à longs pinceaux. Calme, sachant parfaitement ce qui m’attend, je me laisse de nouveau sombrer dans l'inconscient.

Ils tournoient, valsent, brillent, dansent avec élégance. La lumière dorée qui m'environne rend l'immense pièce dans laquelle je me trouve très chaleureuse. Je bouge ; un froissement. Un mur couvert de miroirs me fait fasse et je comprends que je porte une longue robe noire et verte. Mes épaules sont nues tandis que mes pieds restent invisibles sous le tissu. Si ma tenue est inhabituelle, je suis encore plus surprise par mes cheveux coupés à l’épaule en dégradé. J’avais toujours refusé de les couper et me voilà avec mon roux lisses plus court que je ne l’aurais imaginé. C’est en réfléchissant sur le sort de mes cheveux que je remarque ce que j’aurais dû voir en premier ; j’ai vieillis. Mon visage est celui d’une jeune femme plus que d’une ado, je dois bien avoir vingt ans.
Derrière moi ce n’est que couples tournoyant au rythme d’une musique douce et élégante. Les femmes portent des robes fantastiques, les hommes des uniformes d’apparat qui semble être ceux des régiments terrien. Perdue, ne sachant absolument pas comment je suis arrivée là, je me décide à faire le tour de la salle pour tenter de trouver un visage familier. Je déambule parmi les danseurs pendant un temps qui me semble infini. La musique a changée sans que je me sois aperçu de la coupure. La pièce également semble infinie, je n’ai pas l’impression d’en avoir fait le tour.

- Mademoiselle ?

Je ne prête pas attention à la voix. J’avance ; je bloque, trébuche ; des bras me rattrapent. Je fixe, les yeux ronds, le sol qui s’est brusquement rapproché. Les mains qui me retiennent par le poignet et la hanche me tirent en arrière et me ramènent dans ma position initiale.

- Vous allez bien ?

Je me retourne pour mettre un visage sur cette voix. Face à moi se tient un homme vêtu d’un costume d’apparat crème, galonnés avec épaulettes. Il porte le sabre de parade des chefs, utilisé uniquement comme accessoire, et des gants blancs. Ses cheveux blonds lui tombent dans les yeux qu’il a d’un vert pâle, comme dilué par de l’eau.

- Mademoiselle ? redemande-t-il

Je l’observe encore quelques secondes et secoue la tête.

- Oui je vais bien.

Avec un sourire il me tend une coupe de champagne qui se trouvait sur la table à côté. Il semble mi-amusé, mi-intrigué. Je saisis le verre en me demandant comment j’ai fait pour trébucher. Je n’ose pas le lui demander et je porte la boisson à mes lèvres.

La chaleur, la danse et l’alcool m’ont donnés chaud, beaucoup trop. Je sors de l’immense salle de réception dans laquelle je me trouvais en compagnie du jeune homme qui m’a évité une chute humiliante tout à l’heure. Il s’appelle Jeremiah Davenil, c’est un jeune gradé de l’armée française et cette fête se déroule en l’honneur de leur victoire lors d’un combat à l’étranger. Je n’ai trouvé personne de connu dans cette soirée mais cet inconnu quelques heures plus tôt me rassure.
Je soupir de soulagement lorsque le froid de la nuit picote mes joues brûlantes. Avec un second soupir je me débarrasse de mes chaussures douloureuses et reste pieds nus dans le gravier de la petite cour où j’ai atterrit. Je m’adosse contre le mur du bâtiment et soupir une dernière fois.

- C’est vraiment pas pour moi ce genre de soirée, je lâche

Il sourit en me faisant face et pose le bout de ses doigts gantés sur mes joues.

- Tu ne vas pas me dire que tu t’es ennuyée quand même ? ironise-t-il

Ses doigts descendent sur mon menton, son index se balade autour de mes lèvres.

- Non, je ne me suis pas ennuyée, mais je préfère des soirées plus calment.

Cette fois ses mains son sur mon cou. Alors qu’il se penche à mon oreille, je sens le contact de tissus doux qui recouvre ses paumes, sur ma gorge.

- Je vais t’offrir la tranquillité alors, murmure-t-il

Je n’ai pas le temps de me demander ce qu’il a voulu dire. Ses mains jusqu’à lors si douces deviennent dures. Je commence à manquer d’air, ses doigts se serrent de plus en plus autour de mon cou qui devient alors un objet fragile. Je veux crier ; je ne peux pas. Je veux respirer ; c’est impossible. Je tente désespérément de défaire ses mains qui m’étouffent sous leur pression ; en vain. Je m’échine, les doigts de plus en plus tremblant, à agripper les siens mais les images deviennent de plus en plus floues à mesure que l’oxygène me manque. Ses regard dur est noyé dans le miens qui doit sembler hystérique. L’étouffement est la pire sensation que j’ai jamais ressentie. Ma bouche s’ouvre, ma poitrine imprime le mouvement de la respiration rapide mais l’air ne passe pas. Il m’achève dans un dernier appuie violent et les points rouges qui dansaient devant mes yeux depuis un moment deviennent une obscurité totale. En quelques secondes c’en été finit de ma vie.

J’inspire violemment et me redresse. Mon premier réflex est de porter les mains à ma gorge. Trois sensations m’attaquent en même temps : lorsque je pose mes doigts sur mon cou, une violente douleur me prend, je me mets soudain à tousser et une autre douleur vient ronger l’intérieur de ma gorge. Je me sens mal, nauséeuse, comme dans mon rêve et je me lève à tâtons. Je gagne la salle de bain le plus vite possible en chancelant avant de me maintenir sur les lavabos. Là, dans le miroir, l’horreur me frappe. Sur la peau blanche de mon cou, de larges marques rouges, ayant nettement la forme de mains, s’étalent. C’est bien les traces laissées par Jeremiah, aucun doute à cela, elles sont si profondes que la trace des coutures des gants est visible.

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29 Re: Vie Nocturne le Lun 22 Avr 2013 - 20:36

Cowell Bratley

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2ème année
2ème année
J'émerge du noir que j'ai tenté de fuir si longtemps mais qui m'a finalement rattrapé.
Je sens le vent souffler sur mon visage, mon corps bougeant de lui même par à-coup. J'ouvre les yeux, une plaine s'étend devant moi. Je ne vois rien d'autres que le sol calcaire dont la blancheur m’éblouit. J’entends un souffle, un autre que le mien. Je sens quelques chose de doux sous ma main comme des cheveux lavés après un shampoing. Et je réalise soudain que je suis en train de monter un cheval qui fille au galop vers l'horizon. Ma monture est si blanche que je la distingue à peine avec le sol. Je commence à peine à trouver cette petite balade en plein air agréable quand j'entends un bruit d'épée qu'on sort d'un fourreau derrière moi.

Je me retourne, je distingue cinq silhouettes enroulées dans des capes noires montant des chevaux aussi sombres que leur tenue. Épée à la main il avancent tambours battant dans ma direction. C'est pourquoi mon cheval était au galop, il savait qu'on était pourchassé. J'ordonne au cheval d'aller encore plus vite, nos poursuivants gagnant du terrain. J'adopte tous les réflexes d'un cavalier expérimenté alors que je n'ai pratiqué l'équitation qu'à de rares occasions. Je me retourne pour voir l'avancer des silhouette. Elles ne sont plus qu'à quelques mètres de moi ! J'aperçois furtivement l'intérieur d'un des cavaliers, je ne distingue absolument rien dans la cape noir. Qu'est ce que c'est que ces trucs ? Des sortes de spectres ?

Peu importe ils sont tout juste derrière moi je dois trouver un moyen de leur échapper. Il y en a un qui vient se placer à ma hauteur, il commence à brandir sa lourde épée. Dans un geste désespéré j'arrête mon cheval d'un coup et tire les rênes vers la droite. Mon changement de direction brusque déstabilise les...spectres qui me regardent leur filer entre les doigts. Je vois une forêt ou plutôt un groupement d'une dizaine d'arbres droit devant moi, c'est ma chance. Je relance ma monture à plein galop. Je la sens respirer avec douleur mais nous y sommes presque encore un dernier effort. Les spectres revienne vite vers nous, il faut faire vite. Les arbres arrivent bizarrement plus vite que prévu, tellement brusquement que le bout d'une branche vient me gifler la joue droite. Je sens un filet de sang couler de la plaie.

Je me retourne encore une fois pour analyser ma position, je vois deux spectres à distance raisonnable. Mais où sont les autres ? Je sors de la forêt et réalise le défaut de mon plan. D'accord, je passe dans une forêt mais après je fais quoi ? Je ne sais pas où aller, j'ai soudain presque envie de m'arrêter malgré l'urgence de la situation. Quand soudain les trois autres spectres se dressent devant moi. Mon cheval est obligé de s'arrêter avec douleur et se cabre devant notre ennemie. J'entends les deux autres arriver derrière moi, je leur jette un coup d'œil. Ils ont chacun une épée tenue à l'horizontal, les deux assemblées en font une lame mortelle avançant vers moi à vive allure prête à me décapiter. Je ferme les yeux, j'attends le coup venir mais il ne vient pas. J'ouvre alors les yeux...


Je me réveillai avec un cri étouffé. Ma gorge se serra encore sous le choc du rêve. Je sentis une pointe de douleur sur ma joue droite. Je la touchai, je sentis un liquide poisseux dessus. Je regardai mes doigts ils étaient imbibés d'un fluide écarlate. Ma blessure onirique était devenue réelle. Mon cœur s'emballa cherchant désespérément de l'aide autour de moi.


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Casey Adams-Bening, élève de 6ème année dans la maison Poufsouffle

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"I feel drunk but I'm sober, I'm young and I'm underpaid                 
I'm tired but I'm working, yeah                                                                                                                                                      "'Cause I've got one hand in my pocket
I care but I'm restless, I'm here but I'm really gone                                                                                                                       And the other one is giving a high five"
I'm wrong and I'm sorry baby"
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30 Re: Vie Nocturne le Mar 23 Avr 2013 - 22:11

Eva Bellini

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Dictatrice
Eva sortit d’un pas traînant de la salle de classe pour se diriger vers le local de réserve.
Le local de réserve était une petite salle, à côté de la salle des potions, dont les armoires en verres étaient remplies de kyrielles de potions de toutes les couleurs et toutes les sortes. Eva parcourut les étagères, époussetant du doigt les étiquettes recouvertes de poussière, avant de s’arrêter devant une armoire dont une étagère était vide.
Elle se figea et vérifia à nouveau qu’elle ne s’était pas trompée, ses mains commençant à trembler nerveusement. La potion de ratatinage, de reconstitution sanguine, des flacons de Sérumium, la potion tue loup… Les potions étaient classées par ordre alphabétique, il n’y avait donc pas d’erreur. Il ne restait plus de bouteilles de potions de Sommeil Sans Rêves.
Eva retourna d’un pas automatique à sa chambre. Elle n’autorisa ses nerfs à lâcher qu’une fois derrière la porte de son appartement, écroulée sur son lit, ses membres secoués de spasmes de peur. Elle n’allait pas pouvoir dormir, elle n’allait pas pouvoir dormir…

Elles étaient dans une salle remplie de bureaux d’écoliers recouverts de poussière. Le tableau noir était rempli d’inscriptions en quenya, mais même si Eva maîtrisait à peu près la langue, elle ne comprenait pas le sens de ce qui était inscrit.
Devant elle, assise sur un bureau, Elia traçait des arabesques du bout du doigt dans la poussière. Ses cheveux argentés brillaient doucement dans la faible lumière, et elle chantonnait à voix basse.

– Où sont les autres, Lilounne ? demanda-t-elle en tâtant ses poches. Où avait elle mis sa baguette ?

– Je ne sais pas, répondit-elle sans lever la tête.

Eva haussa un sourcil. La voix d’Elia était étrange. Plus aigue, avec un accent un peu plus marqué.
Ce n’était pas la voix d’Elia. C’était la voix d’Alice..

– Il t’en a fallu du temps, fit elle remarquer, la voix suintante d’ironie. Elle leva la tête, et Eva retint son cri de surprise.

Sa peau avait perdu toutes traces de couleurs. Sa peau, ses lèvres avaient la couleur de la craie. Les anciennes tâches de rousseurs qui recouvraient son visage, son cou et ses épaules n’étaient plus que des petites traces argentées, tout comme les cicatrices qui zébraient son corps. Ses cheveux, autrefois flammes, étaient devenus neige.
Alice la fixa de ses yeux rouges :

– Surprise ? Je trouvais mon apparence beaucoup trop banale, j’ai donc opéré quelques… Changements. J’ai aussi choisi un prénom, autre chose que ce ridicule « Alice ».

Elle sauta à bas du bureau, sa robe aussi blanche que sa peau flottant autour d’elle :

– Je me suis décidée pour « Lullaby ». La berceuse, celle qui endort, mais surtout celle qui tue ! continua-t-elle avec un sourire inquiétant.

Eva se mordit la lèvre.

– Oh ? Tu trouves ? Oui, c’est vrai que c’est assez guindé comme prénom. Tu n’as qu’à m’appeler Lulla... Maman.
Elle éclata de rire et disparut.

Eva resta dans la salle, enfermée. Silencieuse. Elle savait que c’était un avertissement. Qu’Alice… Lulla… Reviendrait. Et qu’elle sèmerait la douleur derrière elle.


Elle se réveilla le lendemain matin, un goût métallique dans la bouche. Ce rêve là n’était pas aussi cauchemardesque que les précédents. Mais il n’en était pas moins inquiétant. Elle s’habilla rapidement et sortit de sa chambre avec un but précis :
S’enfermer dans le laboratoire et n’en sortir qu’une fois qu’elle aurait préparé des litres et des litres de potions de sommeil sans rêve.


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Dan - 6ème année - Serdaigle

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31 Re: Vie Nocturne le Dim 28 Avr 2013 - 21:07

Nathan Malis

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2ème année
2ème année
Ce soir, il régnait dans l’air comme une senteur de peur. L’ours en moi le sentait. Les garçons et les filles ; les Chasseurs, tous avaient l’odeur. Certains comme Jazz ou Ashelia transpirait la peur, d’autres, comme Shiruka et Lily, l’angoisse, tandis qu’il émanait de Tessa un parfum de terreur. C’est avec cette pensée en tête que je me suis allongé dans mon lit, roulé en boule, cherchant la chaleur. Malgré tous mes efforts, j’étais incapable de me réchauffer. Impossible pourtant que je sois malade : mes propres pouvoirs m’en protégeait. Aucune blessure n’était irrémédiable, mon corps n’arborait aucune trace, ma peau était lisse et bronzée. Alors…

Pourquoi Tessa et tous les autres avaient-ils peur ? Pourquoi, alors que j’avais tout tenté, la chaleur et l’espoir, la joie et la quiétude, ne revenaient-ils pas en nous ? J’étais impuissant – sans mauvais jeux de mots – et je détestais ça.

Je flotte. Autour de moi, un décor de vieux films des années cinquante. Une rue mal éclairée, un corps au sol, des cris et des pleurs, une fumée de cigare, un homme qui prend la fuite. Je regarde le visage de la femme à genoux qui cache les yeux de son enfant. Je ne la connais pas, je ne me souviens déjà plus de ses traits, seuls restent ceux de l’homme étendu au sol.

Moi. Inconscient. Mort.

Est-ce que c’est un rêve ? Je n’en ai pas l’impression. Je détaille la plaie qui orne mon corps, ce corps dont je me vantais... Quand m’en vantais-je ? Je ne savais plus, déjà cette pensée m’échappait. La plaie, elle, était bien réelle. La balle avait traversé ma poitrine, arrachant mon cœur et ma vie.

Soudainement, dans un éclair blanc, tandis qu’un parfum âcre de cigare se dépose sur ma langue, j’aperçois une autre scène. Je continue de flotter, spectre immatériel, fantôme de ma vie. Je dévisage une femme que je connais bien. Une femme que j’ai aimé et que j’aime encore. Mon cœur se serre dans ma poitrine, être un fantôme ne m’empêche pas de souffrir. Tessa.

C’est elle. Vêtue de noir, blême, les yeux rouges, belle malgré tout, elle se tient droite et raide. Elle est soutenue par un homme à ses côtés que je ne connais pas. Un membre de sa famille ? Non. Cet homme ne m’inspire pas confiance, je ne veux pas qu’il touche Tessa. Pourtant, c’est bien lui qui la serre dans ses bras quand elle s’effondre, c’est lui qui embrasse ses larmes et qui l’embrasse. C’est à lui qu’elle confie en tremblant qu’elle est enceinte. De moi. D’un mort.

Je me fige. Mon esprit de fantôme tente d’analyser la situation. Je comprend juste que je ne serais jamais là pour mon enfant. Qui sera son père ? En aura-t-il un ? Tessa… Tessa me remplacera-t-elle ?


Fondu noir, je me trouve désormais dans une chambre. Je continue de flotter dans les airs, je suis toujours mort, toujours déchiré de sentiments bien vivants, toujours incapable de défendre la femme que j’aime. Immobile, je détaille la scène qui s’offre à moi. Ouvrir ou fermer les yeux, je ne sais pas, je… Je tente de briser l’immobilité qui m’emprisonne. Rendez-moi ma chaleur et la femme que j’aime !
J’abats mes poings sur la vitre invisible qui me retient. Je frappe de toutes mes forces. Tessa ! Tessa ! Ne la touche pas, imbécile ! Tu ne la mérites pas ! Je crie après l’homme qui l’entoure de ses bras, l’homme du cimetière. Il m’est familier. Je l’ai vu avant.

Je ne comprends vraiment que quand je le vois sortir un briquet.
L’homme qui fume à côté de Tessa enceinte, de Tessa abandonnée, cet homme…
C’est l’homme qui m’a assassiné et qui va épouser Tessa.


- Argh ! Assh !

Je tousse. Je m’étrangle. Je me relève du lit, je tombe au sol, je me traine péniblement jusqu’à la salle de bain. Quelle est cette odeur infâme ? Cette odeur suave et ignoble ? Pourquoi est-ce que tout le dortoir empeste-t-il… le cigare ? Je me retourne, effrayé, mais personne ne se tient derrière moi. Je suis seul dans la salle de bain. Je regarde mon reflet. Je suis pâle. Blanc comme le fantôme de mes rêves. Je regarde mes yeux, mes iris agrandis, ma peau luisante de sueur, le sang sur mon torse…
Lorsque je porte la main à la blessure, tout me revient. La balle, l’agonie, le rire de l’homme qui s’enfuit, fier d’avoir éliminé son rival, mes dernières pensées. Une bile amère me monte soudainement dans la gorge et je vide mon estomac dans les toilettes.

Ce rêve, cet homme… Ils ont voulu me prendre la personne la plus importante au monde. En repensant à Tessa dans les bras d’un autre, je crache à nouveau un flot acide.

Fait inexplicable, je suis malade pour la première fois de ma vie.


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« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. »

Spoiler:
Comment ça j'ai l'air d'un gros lover ? [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
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32 Re: Vie Nocturne le Jeu 20 Juin 2013 - 12:27

Une fois bien au chaud dans ma couette, je me mis à rêvasser, attendant le sommeil. Chacune de mes pensées me ramenait à l’horreur que j’avais vécue ces deux dernières nuits… Je n’avais presque plus envie de dormir, mais avais-je vraiment le choix ? J’étais très fatigué et le sommeil vint très rapidement.

J’entends le bruit des arbres, les feuilles frissonnent et la pluie vient s’écraser sur le sol, je suis en pleine forêt. Tout ce que je sais est que je dois apporter un panier repas à mon grand-père, en plein milieu de cette forêt. Je me suis toujours demandé pourquoi il habitait là bas, je n’ai jamais osé lu demandé. Je jette rapidement un regard autour de moi. Il n’y a rien appart des arbres, des arbres et encore des arbres. Je suis seul et l’ambiance rend cette solitude encore plus pesante. J’entends soudain un long rugissement… Celui d’un loup. Maman m’en avait parlé, mais elle m’avait dit que ce n’était qu’une légende.  Paraît-il qu’autrefois, une fille à échappé de peu à la mort, elle fût sauvée d’un loup par un chasseur. Je ne sais pas si ce rugissement était le fruit de mon imagination ou s’il était bien réel, mais ayant des frissons de frayeur partout sur mon corps, je décide de me dépêcher.


Mon long imperméable jaune m’empêche de bouger à ma guise, mais ma mère voulait absolument que je le porte. En regardant le temps, je me rends compte qu’elle à bien fait de me le passer. Je continue donc à courir, manquant de trébucher à plusieurs reprises à cause de la boue. Parfois, entre les bruits d’oiseaux, le rugissement fait rage à nouveau, ce qui a pour effet de me faire accélérer. Après cinq minutes à courir de plus en plus vite, j’arrive enfin à la maison de mon grand-père. Celle-ci était très banale : beige avec un toit en tuile, fenêtres en bois, petite terrasse autours… La maison de campagne, quoi. La seule originalité vient du fait qu’elle a été construite en plein milieu de la forêt… Cependant, j’ai un mauvais pressentiment, la porte est ouverte à moitié. C’est très étrange venant de mon grand-père. J’ouvre la porte, en essayant de refouler mon inquiétude. Je lâche un petit « Grand père ? », je n’ai pour réponse qu’un petit grognement venant de lit. Je lâche un grand soupir, il est seulement en train de dormir. Les humains se font très facilement des films, surtout quand règne des légendes sur les loups. Je pose le panier sur la table et décide d’aller réveiller le grand flemmard.


Je commence à chuchoter quelques mots, puis à lui retirer sa grosse couette avant de sursauter. Ce n’est pas mon grand-père ! Je vois à sa place quelque chose de très poilu, qui grogne à chaque ronflement. Je me plaque la bouche avec mes mains pour m’empêcher de crier. Où est mon grand père ? Qu’est ce c’est que ce monstre ? Je recule de quelques pas avant de heurter la table, ce qui fait tomber le panier par terre, et tout ce qui va avec. Le bruit réveille la bête en sursaut, et quand elle se retourne vers moi, j’aperçois ses crocs aiguisés comme des rasoirs, ses grands yeux rond perçant et son imposante  corpulence. Des gouttes de sueurs coulent le long de mes joues, la peur m’empêche de bouger : le monstre que je vois est un loup. Il se lève, rapproche dangereusement son visage au mien et me chuchote « Es-ce toi qui ose troubler mon sommeil ? ». Je m'étonne de voir qu'il a de grand yeux, une grande bouche et surtout... De grandes dents. Il me chuchote cette fois-ci "C'est pour mieux te manger, mon enfant." Il rapproche sa patte, et me griffe lentement le long du visage, de mon sourcil gauche jusqu’en bas. Je sens mon sang couler, mon envie de déguerpir se fait de plus en plus grande mais quelque chose m’empêche de bouger et m’empêche de crier. Soudain, le loup s’écarte et me donne un grand coup de griffe dans le ventre et me projette à terre. La douleur me réveille me fait hurler. Je me lève, je sors de la maison et je cours le plus rapidement possible afin de m’enfuir. La hâte me fait trébucher dans la boue, mon imperméable jaune devient marron, couvert de boue. Je ne peux faire autre chose que regarder impuissant, le loup se jeter sur moi pour me dévorer.


Je crie, je me débats, je sursaute avant de tomber de mon lit. Un cauchemar, un autre cauchemar ! En essayant de me relever, je ressens une lourde douleur tout le long du corps, et au visage. En me touchant le torse, je me rends compte que mes blessures oniriques sont toujours présentes : Je suis plein de sang. Je lâche donc un autre hurlement.


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33 Re: Vie Nocturne le Mar 9 Juil 2013 - 18:27

Jazz Riley

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2ème année
2ème année
[Totalement en retard ? Mmh... Oui Razz]
 La soirée s’était prolongée bien plus longtemps que d’habitude dans les quartiers des Chasseurs d’Ombres, ce soir là. Nous étions restés éveillés jusqu’à très tard, riants un peu trop forts pour être complètement décontractés, mais refusant d’avouer ce qui n’allait pas. Nous étions après tout renommés pour notre fierté mal placée… Puis finalement, vers les deux heures du matin,  chacun alla se coucher, sauf moi. Je restais devant le feu mourant, immobile, le regard plongé dans les flammes dansantes. Je ne m’étais pas assis sur le fauteuil, de peur que trop de confort ne me fasse piquer du nez. J’avais aussi laissé la musique, du hard rock sonore, suffisamment basse pour ne pas gêner le sommeil des autres, et suffisamment énergique pour m’empêcher de dormir.

 
Je me levais et me préparais à faire une balade dans le château, à pied. Ce n’était pas la première fois que je sortais hors du dortoir pendant la nuit pour profiter de l’air frais. C’était en revanche la première fois que je ne me transformais pas en loup pour le faire… Mais qu’importe la forme. S’il fallait marcher jusqu’à que j’en tombe, je le ferais. Tout pour ne pas dormir, pour ne pas laisser les cauchemars reprendre. Ce n’était pas la première fois que je faisais nuit blanche. Je ne m’endormirais pas.
 
Je ne m’endormirais pas.


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34 Re: Vie Nocturne le Mar 23 Juil 2013 - 0:14

 [S'il vous plaît les filles, vous pouvez retirer vos posts ? On reprend !]




Accroupie dans une des douches de l'immense salle de bain des Chausseurs, regardant les dernières gouttes de sang couler de son nez, Tessa n'arrivait plus à retrouver un sens à ses pensées. Que faire ? Comment pouvait-elle réussir à ne plus faire ces cauchemars ?
La blonde se redressa de façon à pouvoir regarder son ventre. La trace de couture était faite à la va-vite, et elle pressentait que tout ça ne manquerait pas de s'infecter.


-Comme dans mon rêve, murmura-t-elle les yeux vides, fixés au sol.

Elle se revit durant la nuit passée, le ventre grossissant infiniment jusqu'à ce qu'il n'explose. Tessa frissonna. Elle resta immobile quelques instants puis éteignit l'eau, attrapa une serviette et s'enroula dedans, s'en servant comme elle utiliserait un bouclier censé la protéger de tout. Seul le silence lui fit face. Tessa, essaya d'entendre un bruit, n'importe lequel du moment qu'il y ait un son qui lui apporterait la preuve qu'il y avait une présence qui pourrait la rassurer et la convaincre qu'aucun danger n'était présent. Mais rien ne vint.

Elle sortit de la douche avec hâte, arracha des feuilles de papier toilette et s'en mit dans les narines pour éviter que le sang ne revienne, respirant par la bouche. L'odeur métallique de son sang lui revint en mémoire, et le goût associé à cette odeur qu'elle avait vomit quelques minutes auparavant lui remplit la bouche.
Sentant son estomac se retourner, elle se précipita au dessus de la cuvette des toilettes, prête à rendre de la bile. Mais rien ne vint.

La Russe se redressa doucement, sentant sa tête tourner. La fatigue due à son énervement et la frustration de la semaine allaient commencer à se ressentir physiquement et son mutisme ne manquerait pas de se transformer en quelque chose de pire qu'elle, à vrai dire, n'osait pas imaginer.
C'est donc haletante et en se tenant aux murs que Tessa se dirigea vers l'infirmerie pour aller prendre une aspirine. Chose bizarre, la lumière était déjà allumée lorsqu'elle arriva devant la porte. Sûrement Eva qui...
Un bruit de verre qui s'écrase sur le sol se fit entendre à l'intérieur, et la blonde s'arrêta net.

-Ah, c'est toi, fit l'Intendante en soupirant. Tu m'as fait peur.

Tessa entra dans l'infirmerie, incapable de prononcer le moindre mot. Après tout, Eva avait été témoin de sa mauvaise humeur depuis plusieurs jours, alors...

-Tu as besoin de quelque chose ?

-Aspirine, grogna Tessa en se dirigeant vers le placard où étaient rangés les médicaments pour faire passer les douleurs.

Sa main droite tentait de tenir ton T-shirt pour ne pas qu'il se soulève. Bien qu'Eva ne partage pas son lit, Tessa savait bien que la rousse avait pour chaque élève des dossiers avec des antécédents médicaux. Dans ceux de Tessa devaient figurer les problèmes d'alcool de son père -si on peut appeler ça des problèmes-, sa grève de la faim et sa dépression liées la mort de sa mère, son accident qui lui a causé la cicatrice qu'elle a au dos... Mais en aucun cas son ventre n'a été recousu.

La blonde senti le regard de la rousse sur ses épaules, et cela l'agaça au plus haut point. Prête à lui lancer une remarque cinglante qui laisserait Eva perplexe, elle se retourna vivement pour tomber nez à nez avec elle.
Son Intendante d'amie lui retira doucement les papiers qu'elle avait dans le nez et les déposa sur le plan de travail contre lequel elle s'était appuyée, sur le point de craquer.

-Fais voir ça, fit Eva en montrant le t-shirt de Tessa du menton.

Les mains tremblantes, la Russe s'exécuta. Elle souleva son t-shirt, lui dévoilant le cercle autour de son nombril.
Tessa détourna la tête, trop gênée. Bien sûr, Eva ne devait pas comprendre, et Tessa ne lui en voulait pas.

-Ne dis rien, s'il te plaît.

Ses mots lui avaient été comme arrachés de sa gorge, et elle luttait pour ne pas fondre en larmes. Elle devait être forte. Et puis de toute façon, son ventre lui aurait fait trop mal pour qu'elle puisse pleurer.


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Desideria Lawson
Serpentard
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35 Re: Vie Nocturne le Jeu 25 Juil 2013 - 7:14

Eva Bellini

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Dictatrice
[mes talents d’infirmière étant tout à fait non existant, j’ai juste fait un peu de recherche et beaucoup inventé. Mes excuuuses…]

 
Eva sentit ses yeux s’élargir comiquement quand Tessa souleva son tee shirt. Sur la peau crémeuse s’étalait des points de suture grossiers, en forme d’un cercle maladroit autour de son nombril.
 
– Ne dis rien, s’il te plaît.
 
Eva ravala immédiatement ses questions à la voix brisée de la jeune fille, puis s’approcha avec hésitation. Elle n’avait jamais vu Tessa dans cet état. Perturbée, triste, parfois apeurée. Mais là… C’était de l’effroi à l’état pur. La Chasseuse était terrifiée par quelque chose, quelque chose qui prenait la forme de ce cercle sur son ventre. La main qui tenait le tissu relevé tremblait et la rouquine l’attrapa doucement et serra les doigts pâles dans un geste rassurant, puis s’assit sur ses talons pour examiner de plus près la couture. En dessous du fil rougeâtre, la peau était intacte bien que froncée, sans même une cicatrice pour prouver d’une blessure passée. Seul les coups d’aiguilles rageurs l’avaient transpercée.
Les points de suture n’étaient pas là pour réparer ni soigner, non. Ils étaient là pour blesser et laisser un souvenir hideux, directement enfoui dans la chair. Un souvenir, un rappel… Une menace ?
 
– Oh, Tess, laissa échapper Eva, désolée, puis elle se retourna pour attraper un flacon :
 
– Pour ton nez, expliqua-t-elle brièvement avant de l’inciter à s’allonger sur l’un des lits. Elle regarda la blonde avaler le contenu de la fiole, puis attrapa sa baguette et lança plusieurs sorts de stérilisation en attendant que la potion ne fasse effet.  Elle se saisit ensuite d’une paire de ciseaux de précision et s’assit à côté de Tessa, dont le nez avait visiblement désenflé.
 
– Je vais couper les points. Comme la peau est très abimée, ça ne va pas être agréable, mais je te donnerais une potion anti douleur si ça devient trop difficile, d’accord ?
 
Puis elle se pencha et coupa le premier fil recouvert de sang séché. Tessa grimaça mais ne dit rien, et l’autre femme enchaîna sur les suivants, les tranchant avec efficacité avant de les retirer avec une pince à épiler.
Elle avait enlevé les trois-quarts du cercle lorsque la porte de l’infirmerie claqua et qu’une voix paniquée retentit :
 
– Eva, Nathan est blessé, vite !

[Maintenant on attends la réponse de Jazz !]


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Dan - 6ème année - Serdaigle

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36 Re: Vie Nocturne le Lun 29 Juil 2013 - 17:56

Jazz Riley

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2ème année
2ème année
[here I am !]

Je ne m’étais pas endormi, et je m’en serais presque senti fier si la fatigue ne m’empêchait pas d’aligner deux pensées correctes. Les cours démarraient dans une poignée d’heures, il était temps de retourner au Dortoir et de prendre une douche en attendant le matin. Et pour être tout à fait honnête, se promener dans le château froid et vide n’aidait pas à m’empêcher de ressasser les cauchemars de la nuit dernière.
 
Je descendis une volée de marche et arrivais au rez-de-chaussée, puis me dirigeais vers l’aile des Chasseurs. Je donnais machinalement le mot de passe à l’ombre silencieuse qui gardait l’entrée.
La salle commune était plongée dans la pénombre, mais je la connaissais suffisamment bien pour éviter avec aisance la table basse et les fauteuils répartis sans ordre apparent. Je manquais cependant de me rétamer par terre après avoir trébuché sur une chaussure qu’Ashelia avait laissé traîner, et lançais un flot d’imprécations mentales à l’encontre de la vampire bordélique. Puis grimpais dans le Dortoir.
 
Malgré l’heure plus que tardive, un rai de lumière filtrait de sous la porte de la salle de bains et le lit de Nathan était vide, les draps emmêlés traînant sur le sol. Je fronçais les sourcils et toquais doucement contre la porte, prenant garde à ne pas réveiller Shiruka dans l’entreprise :
« Nath ? Tout va bien ? »
Pas de réponse. Je collais une oreille contre l’interstice et réitérait ma question un peu plus fort. Cette fois ci, j’entendis un faible gémissement accompagné d’une respiration sifflante.
Plus inquiet que je ne l’aurai avoué, j’actionnais la poignée :
« Mec, y a un pro… »
Le reste de ma phrase s’étrangla dans ma gorge. Nathan était affalé contre les toilettes en porcelaine, les mains pressées contre sa poitrine dégoulinante de sang.  Bien trop de sang pour que ce soit une blessure anodine.
Je jurais et me précipitais pour m’agenouiller à côté de lui, tandis que le blessé soufflait :
« Jazz, je… Je crois que je vais pas bien… »
En d’autres circonstances, le loup-garou lui aurait peut-être fait remarqué l’euphémisme que c’était, mais il ne perdit pas de temps :
« Faut qu’on t’emmène à Eva immédiatement, Nath. Tu peux marcher ? »
Je pris conscience de la bêtise de ma question alors qu’il hochait négativement la tête, les dents serrées pour empêcher un râle. Je me décidais alors en une fraction de seconde, et l’attrapais le plus délicatement possible avant de le soulever. Puis de la main qui soutenait son dos, j’appuyais le plus fermement que le permettait ma position ma main sur le trou sanglant. Les yeux de Nathan se révulsèrent et il s’évanouit sous la douleur, et je murmurais un « désolé, mec » avant de sortir de la salle de bains. Là, Shiruka nous regarda avec des yeux ronds et ouvrit la bouche pour poser une question avant de la refermer dans un claquement sec en voyant le sang. Il se dépêcha d’ouvrir la porte du Dortoir, me laissant passer avec le fardeau qu’était le corps mou de Nathan, avant de courir cogner contre la porte du dortoir des filles tandis que je descendais avec précaution les escaliers. Il me rejoignit immédiatement après, alors que je sortais déjà dans le couloir :
« Tessa n’y était pas, Ashe et Lily arrivent »
Nous ne prîmes pas le temps de les attendre et nous dirigeâmes vite vers la chambre d’Eva, Shiruka courant en tête et moi marchant au pas de course derrière. Il s’arrêta devant la porte et toqua énergiquement :
« Eva ! Vite, on a besoin d’aide ! »
Quand l’intendante ne répondit pas, Shiruka jura et s’invita dans la chambre. Il en ressortit presque immédiatement :
« mais qu’est ce qu’elles ont toutes à être sorties en pleine nuit ! Faut qu’on essaie l’infirmerie, y aura de quoi… »
Il termina sa phrase avec un geste vague en direction de Nathan, puis nous retournâmes sur nos pas pour monter à l’étage.
 
Je lançais un regard inquiet sur Nathan. Son visage était de craie, sa respiration faible. Il perdait vraiment beaucoup de sang, et je ne pouvais pas le porter et arrêter le flot de façon efficace.
« Courage, on y est presque, » je fis entre mes dents, maudissant ce château trop grand, sans savoir si je m’adressais à lui ou moi.
Finalement nous atteignîmes les locaux blancs de l’infirmerie. Ils étaient illuminés d’une lumière crue, et deux silhouettes se dessinaient au travers de la porte vitrée, dont une parfaitement reconnaissable grâce à sa crinière de cheveux rouges :
 
« Eva, Nathan est blessé, vite ! » s’écria Shiruka


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37 Re: Vie Nocturne le Mar 30 Juil 2013 - 14:48

Je sortis du dortoir, le torse saignant. Je me rendis vite vers la salle de bain pour nettoyer tout ça. Je pensais encore au rêve que je venais de faire et à ma grosse plaie, tout cela prenait vraiment une horrible tournure. Mes pensées s’éstompèrent quand j’entendis un bruit venant de la salle de bain.
« Jazz, je… Je crois que je ne vais pas bien... ». Cette voix, ce n’étais pas Nathan ? Et Jazz et avec lui. Je me sentis soulagé de voir qu’il y avait quelqu’un. Mais mon soulagement fut anéanti à la seconde ou je vis Nathan sur le dos du loup-garou. Il dégoulinait de sang, il en avait partout. 

Sans réfléchir, j’ouvris la porte du dortoir pour les laisser passer. Je frappai ensuite à la porte des filles pour les réveiller, leur dire que nous serions avec Eva pour aider Nathan. Elles ne comprendraient sûrement pas, mais je n’avais pas le temps de donner plus d’explications. Je me précipitai vers Jazz pour l’aider à trouver Eva. Cette fois, nous avions vraiment besoin d’aide. Nous avons cherché l’Intendante pendant plusieurs minutes, de longues minutes. Plus le temps passait, plus avant de la trouver en compagnie de Tessa dans l’infirmerie. Timing parfait.

- Eva, Nathan est blessé, vite !  criais-je.
Elle jeta un rapide coup d’œil avant de répliquer :
- Trente secondes, Shiruka. Je s…
Son regard se figea à la vue de Nathan. Elle compris immédiatement que trente secondes seraient de trop.  « Déposez le ici » ordonna-t-elle on montrant le lit. Jazz s’executa aussitôt, il poussa ensuite un soupir. Eva nous a ensuite demandé d’attendre en dehors de l’infirmerie. Jazz insista pour rester mais Eva le fit sortir, lui disant de rester à coté si jamais elle avait besoin de lui. Je fermais la porte, laissant les deux filles et Nathan seul. Je m’assis sur l’une des chaises en face de la porte et mon compagnon fit de même. Il y eu un silence, que je m’empressais de briser.
- Tu m’as l’air crevé mon gars, t’as des cernes énormes.
- Ouais,  je sais, je n’ai pas dormis aujourd’hui. Et toi, tu t’es fais quoi à l’œil ?
- A l’œil ? fis-je. J’avais complètement oublié que j’étais blessé moi aussi !

Je mis ma main sur mon œil sur mon œil gauche, la blessure s’était refermé ici. Puis je soulevais mon pyjama pour y découvrir la trace des quatre griffes du loup de me rêves sur mon torse. Jazz fut à moitié étonné.
-Ah ouais, quand même. Tu t’es pas raté toi non plus.
-Ouais en fin comparé à Nathan. N'empêche, je pensais pas pouvoir m’inquiéter autant pour lui, faudra garder ça pour moi.
- Dès qu’il sera rétablit je vais lui balancer ce que tu viens de dire. Me répondit t’il, un petit sourire aux lèvres.
-Tu peux parler toi ! Tu étais au bord des larmes, tu aurais vu ta tête tout à l’heure !
-Pfff, n’importe quoi… c'était toi qui était sur le point de pleurer. Tu ne t'ai pas vu toi non plus !
- Je crois qu'on peux avouer tout les deux que nous nous sommes terriblement inquiétés. Et ce n'est toujours pas fini.
- Ouais, t'as raison. Finalement, je propose de ne rien dire du tout. 
-Pas de problème. Terminais-je avec un timide rire partagé avec le loup.
Notre discussion ne rimait à rien, mais il nous fallait juste essayer de se changer les idées. Peu importe comment. Ashelia et Lily arrivèrent ensuite en courant. Lily avec du sang autour du cou. « Décidément,il va vraiment falloir faire quelque chose », pensais-je.


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38 Re: Vie Nocturne le Mer 31 Juil 2013 - 19:54

Kamira Manliot

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2ème année
2ème année
Je tremble des pieds à la tête. Un rêve qui me blesse; c'est impossible, complètement irrationnel, totalement... Je me fige devant le miroir en pensant que ce que je pense est stupide. Je suis un étrange mélange d'humain et d'elfe et je pratique la magie dans une école de magie, si ça c'est pas irrationnel?
De nouveau je pose le bout de mes doigts sur les marques rouges et un douleur vive m'assaille. J'ai du mal à inspirer et lorsque j'essaie de prononcer un mot c'est une terrible de douleur qui se mêle à une toux violente. Me voilà aphone, le larynx certainement bien écrasé par les mains de Jeremiah. De nouveau je remercie les entités AutreMondienne qui m'ont permit d'être aussi résistante qu'un elfe pur, sans ça je pense que je serais morte.
Une pensée me frappe soudain avec la violence d'un coup de poing. Si moi je suis résistante, mon lynx l'est beaucoup moins. Paniquée, Je repars en courant dans le dortoir, sans me préoccuper du sommeil de mes camarades. Embri est sur le lit, couché sur le flanc, les yeux clos. De faibles signaux de douleur s'insinuent dans mon esprit lorsque mes doigts entre en contact avec le poil épais. J'étais tellement occupée à observer les traces de mains que je ne m'étais pas rendu compte de sa détresse, ni de ma propre faiblesse, augmentée par celle de mon compagnon d'âme.
Je tremble de nouveau et c'est les jambes faibles que soulève mon lynx des draps.

J'aurais voulu courir ou utiliser un Transmitus mais j'en suis incapable. Faible, le souffle cours, coupé par ce violente quintes de toux, je chemine comme je peux jusqu'à l'infirmerie.

Ma toux résonne dans le couloir et je distingue enfin la porte de l'infirmerie. La pièce est illuminée et mes yeux s’accommodent difficilement à la soudaine luminosité. Je m'appuie contre la porte quelques secondes et reprends le peu de souffle que j'avais avant de partir. Essoufflée par le la marche à pied, c'est pas mal ça. Je franchit la porte de la pièce, Embri dans les bras.

C'est l'horreur qui m'attaqua la première; celle du sang. Eva qui jongle avec des potions, des bandages et tout un tas d'affaires médicales. Tessa, pâle, assise sur un lit, Jazz et Shiruka, dont l’œil est dans un sale état, côte à côte et Nathan, livide et couvert de sang sur un autre lit. C'est lui qui m'inquiète le plus, lui qui n'est jamais malade et qui semble maintenant à l'agonie.
A mon arrivée, tout le monde se tourne vers moi, excepté Nathan qui semble à lieux du château.

- Ah bah toi au moins tu vas bien! s'exclame Shiruka

Je hausse un sourcil moqueur. Avec le sang qu'il y a partout je crois qu'il n'a même pas remarqué mes bras chargé du lynx inconscient. Le souffle toujours court, je déglutit avec difficulté et me penchais lentement pour déposer mon Familier sur le sol froid de l'infirmerie. Je me laissais glisser à côté de lui en le stimulant mentalement pour qu'il reste un minimum conscient dans le brouillard de ses pensées. Les regards vert et gris acier d'Eva et Tessa me scrutaient intensément.

- Tu m'excusera, souffla l'Intendante, mais j'ai des cas plus importants.

Elle prononça le dernier mot les yeux rivés sur ma main qui exerçait un mouvement de va-et-viens sur l'échine du félin. Je hochais la tête et reportais mon attention sur Embri qui m'affaiblissait un peu plus même s'il luttait. Jazz se pencha vers moi.

- Qu'est-ce-qui est arrivé ? demanda-t-il

Mes yeux passèrent de droite à gauche et ma bouche ne s'ouvrit que sur une nouvelle quinte de toux. Je lui adressait un sourire contrit. Du coin de l’œil j’aperçus sans mal celui, léger, en train de naître sur les lèvres de Shiruka.

- Mais on dirait bien qu'elle a plus de voix l'elfe ! C'est génial ça, on peux lui dire ce qu'on veux elle répondra pas !

Je le foudroyais du regard. En temps normal j'aurais ça drôle de rire de nos malheurs mais j'étais encore sous le choc de l'étranglement. Lentement, avec précautions, je levais le menton afin qu'il puisse contempler les marques écarlates dans lesquelles les coutures étaient toujours dessinées.
Son sourire se figea en une expression de surprise.
Personne ne me posa de questions, attitude intelligente puisque je ne pouvais pas parler. Je n'avais plus qu'à attendre que Nathan soit en meilleur forme, ainsi que Tessa qui était toujours très pâle, en espérant que rien de plus grave ne se produirait.

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39 Re: Vie Nocturne le Ven 2 Aoû 2013 - 22:02

Ashelia n'avait pas dormi de la nuit, elle n'avait pas osé fermer l'oeil de peur de se retrouver, une fois de plus, confrontée à ces monstres tout droit sortis des enfers. Oui, elle avait sommeil. Très sommeil, même. Cela lui faisait vraiment bizarre, d'ailleurs, elle était une Vampire, elle n'avait pas besoin de dormir, mais ce besoin de fermer les yeux et de reposer son cerveau était presque vital. Alors pour ne pas succomber à l'envie, elle se tournait et retournait dans son lit, était sortie sur le balcon et avait vidé une de ses précieuses bouteilles de Vodka, histoire de ce changer les idées, peut être même oublier... Après ça, elle s'installa devant son miroir et inspecta soigneusement ses marques : sa griffure sur la joue droite, sa morsure sur l'avant bras gauche et deux brûlures, une sur chaque jambe. La griffure avait désenflé mais il y avait toujours une croûte marron et assez répugnante. La morsure était toute rouge et la marque de la dentition du loup était bien dessinée. Un frisson parcouru son échine en repensant à ce mauvais souvenir. La Vampire se pencha ensuite pour regarder ses brûlures ; celle de la jambe droite s'étendait sur presque toute la cuisse tandis que l'autre était plus petite et était sur le mollet. Rien que le fait de parcourir ses doigts blafards sur la plaie la fit faire une grimace de douleur. Ayant fini sa petite inspection, elle retourna dans son lit. Pour faire le vide dans sa tête, elle mit dans ses oreilles des écouteurs et enclencha de la musique très rythmée sur son iPod, espérant que ça étoufferait sa fatigue qui commençait à refaire surface.

Une vingtaine de minutes plus tard, quelqu'un frappa violemment à la porte du dortoir. Ashelia sursauta et se figea avant d'entendre et de comprendre que ce n'était que la voix de Shiruka. Les coups sur la porte lui firent penser que c'était surement une puissance maléfique qui venait la torturer. Oui, la Chasseuse était traumatisée mais l'annonce que venait de faire Shiruka lui disait qu'il y avait un problème et que ça surpassait surement ses petites frayeurs. Elle se leva d'un bond et alluma la lumière. La Vampire fut surprise de ne pas trouver Tessa dans son lit (elle avait dû partir quand Ashelia était sur le balcon). L’Écossaise remarqua que Lily était là et elle se frottait l'oeil comme une petite fille aveuglée par la lumière, mais elle avait gardé son air grave. Cette dernière fronça les sourcils en voyant les immondices marques sur le corps d'Ashelia. La brune, quant à elle, ne se demanda pas pourquoi la main de la rouquine était pressée contre son cou. Ni l'une, ni l'autre n'osaient parler. La peur ? L'angoisse ? La panique ? Tout à la fois ? Elles ne le savaient pas vraiment... Néanmoins, la rousse commença sur un ton un peu froid qui manquait de cette petite note enjouée qu'elle avait d'habitude :

- Nathan a un problème, Tessa n'est pas dans son lit et Shiruka est paniqué. On y va ?

La brune acquiesça sans ouvrir la bouche pour parler. Lily se leva d'un bond de son lit. Ashelia, qui se tenait près de la porte, l'ouvrit et elles sortirent précipitamment de la chambre. Les deux jeunes filles descendirent les marches des escaliers quatre à quatre jusqu'à l'infirmerie. Ashe était en pyjama  et ses blessures n'étaient pas masquées, mais elle s'en fichait éperdument, ses amis étaient surement bien plus mal en point qu'elle.

Une fois devant la porte de l'infirmerie, Ashelia l'ouvrit d'un coup, sans toquer et était toute essoufflée. Lily était à côté d'elle et l'était aussi. L’Écossaise fit un rapide tour de la pièce du regard : il n'y avait que Shiruka et Jazz dans la salle d'attente. La brune se retourna vers son amie Chasseuse et constata avec horreur que du sang coulait le long de son cou. La main qui était à cet emplacement tout à l'heure lui servait donc de compresse. Ashe pâlit de surprise et d'horreur, mais ne dit toujours rien.

- Où sont Tessa et Nathan ? demanda Lily.

Les garçons leurs expliquèrent approximativement la situation. Ashelia poussa un long soupir et s'assit sur la chaise à côté de Jazz. Elle se prit la tête dans les mains pour se remettre un peu les idées en place mais ça ne marcha pas, son esprit était complément flou. La porte s'ouvrit et la Chasseuse releva la tête pour voir Kamira et son lynx dans les bras. Cette fois non plus, elle ne pipa mot. En fait, elle ne pouvait rien dire. Tout était trop compliqué, tout s'embrouillait dans son esprit, elle s'angoissait pour rien et elle ne pouvait pas se permettre de réfléchir vu que la fatigue se faisait de plus en plus importante, mais elle luttait tant bien que mal. La seule chose qu'elle pouvait faire, c'était se murer dans son silence et ses pensées macabres.


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40 Re: Vie Nocturne le Ven 2 Aoû 2013 - 23:22

Lily était retournée dans son lit, elle fermait les yeux si fort qu'elle voyait des petites lumières danser sous ses paupières. Elle ne voulait pas y croire. Elle voulait que ce soit encore dans son rêve, elle voulait se réveiller et passer une journée normale. Mais, surtout, elle ne voulait plus avoir peur. Cela faisait quelques jours que le cauchemar avait commencé, et, chaque jour, elle se levait et se couchait la peur au ventre, effrayée de découvrir de nouvelles cicatrices à son réveil, ou de faire des rêves plus effroyables les uns que les autres. Soudain, Lily entendit un bruit sourd qu'elle analysa comme quelqu'un qui frappait à la porte. Puis, la lumière s'alluma et la rouquine se redressa dans son lit en se frottant les yeux. Elle découvrit Ashelia, en pyjama et Shiruka à la porte. Il leur parla mais Lily ne capta que les informations importantes. Lorsque le blond quitta le dortoir, elle se retourna vers la Vampire et fronça les sourcils en voyant les horribles marques sur son corps. Elle n'était donc pas la seule, les autres aussi faisaient ce genre de rêve. Elle plaqua instinctivement sa main sur la blessure de son cou et résuma la situation d'un air grave qui ne lui était pas habituel :
"Nathan a un problème, Tessa n'est pas dans son lit et Shiruka est paniqué. On y va ?"
La brune hocha la tête et les deux Chasseuses partirent en courant et en pyjama. Avant de se recoucher, Lily avait pris soin de nettoyer les plaies qu'elle avait dans le dos et sur l'épaule et avait enfilé un T-Shirt propre.
Les deux filles arrivèrent à l'infirmerie. Il n'y avait que Jazz et Shiruka dans la salle d'attente ; Lily laissa sa main tomber de son cou. Elle vit qu'Ashelia avait remarqué la blessure mais elle ne lui dit rien.
"Où sont Tessa et Nathan", demanda-t-elle.
Les deux garçons expliquèrent la situation, et Ashelia poussa un long soupir en s'asseyant sur une chaise à côté de Jazz. Lily, quand à elle, sentit quelque chose dans son dos. Sa blessure s'était rouverte à cause du sprint qu'elle et son amie avaient piqué pour arriver jusque là. Elle ferma les yeux, murmura un "Putain de (j'ai une envie pressante ne faites pas attention à moi)" un peu plus sonore qu'elle l'aurait voulu et se recroquevilla contre un mur, attendant que quelqu'un arrive avec des nouvelles. La porte s'ouvrit à nouveau, mais c'est Kamira qui entra, son lynx dans les bras. Elle avait l'air préoccupé. Lily se dit que, de toute façon, la seule chose qu'ils pouvaient faire à cet instant était d'attendre. Elle n'avait pas d'autres choix, même si les griffures qui lacéraient son dos la faisait horriblement souffrir.


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archie redding, serpentard, six 
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i'd have been yours, if you had been mine
but my hopes had faded by the time
can you hear me tonight? 
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41 Re: Vie Nocturne le Sam 3 Aoû 2013 - 19:50

Elia Stalia

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5ème année
5ème année
- Non... Non... 

Les mains pressées contre son œil gauche, Elia tentait de discerner son reflet dans le miroir. Cette fille a l'expression terrifiée, qui pleurait du sang et des larmes, cette fille au corps mince et aux étranges cheveux d'argent, était-ce vraiment elle ? Où était passée sa crinière grise, où avait disparu sa vision ? Pourquoi les blessures infligées par les vampires de son rêve subsistaient-elles encore sur son corps ?

- Je... 

Se détournant du reflet si dérangeant - était-ce vraiment-elle ? - Elia se dirigea vers la sortie de la salle de bain. Miraculeusement, elle parvint à aller jusqu'aux escaliers ; mais son œil droit ne lui suffisait pas pour distinguer les distances. La jeune fille tomba tête la première dans les marches, poussant un nouveau cri qui ne réveilla personne. Tout honneur envolé, la Préfète se mit à pleurer franchement. Ses sanglots se muèrent en crise d'angoisse et, le souffle coupé, Elia se roula en boule au sol. Ses cheveux, qui d'ordinaire entouraient sa silhouette fine, ne parvenaient plus à masquer que son visage. Cherchant l'air, une douleur aiguë dans la poitrine, elle haletait péniblement. En vain. L'oxygène s'obstinait à éviter ses poumons en manque. 
La réalité était pire que le cauchemar. Le réveil pire que le rêve.

Au bout d'un long moment, Elia sentit l'air revenir en elle. Inspirant profondément l'oxygène vital, elle se redressa faiblement. Quelques minutes encore lui furent nécessaires pour qu'elle arrive à tenir sur ses deux jambes. Elle repoussa d'une main faible les mèches ébouriffées qui lui tombaient dans les yeux. La honte la saisit. Violente, tenace, elle s'accrochait au cœur de la jeune fille, la maltraitant, la brisant. Les reproches de son cauchemar lui revenait, son reflet dans le miroir la tourmentait. Et cette douleur dans son œil qui ne cessait ! 

Un bruit résonna derrière elle. Elia sursauta. Toute pensée raisonnable déserta son esprit. Ils étaient là, ils étaient là pour elle ! Ils venaient la chercher pour achever le rituel ! La peur gomma sa fatigue, elle courut jusqu'à la sortie de la Salle Commune. Fuir était son seul mot d'ordre. 
Heurtant les murs, les angles, les portes, Elia courait sans but. Sans savoir où elle allait, des bleus pleins le corps, du sang dégoulinant de son oeil, elle s'engouffra dans une ouverture sans même la distinguer. Le noir et la peur l'empêchaient de discerner le monde qui l'entourait. 

-  Où sont Tessa et Nathan ?

La phrase lui parvint comme dans un brouillard. Tournant la tête, elle aperçut des silhouettes immobiles. Au nombre de cinq, ils étaient là, ils l'attendaient. Dans une seconde, ils allaient se jeter sur elle et la dévorer, boire son sang jusqu'à la dernière goutte, venger le déshonneur qu'elle et ses larmes jetaient sur eux. Pointant ses mains ensanglantées devant elle, ultime bouclier face à sa folie, elle demanda d'une voix faible :

- Qui... Qui est là ?

 Elle se recroquevilla contre un mur, tentant de le traverser, cherchant à disparaître, espérant une réponse qui ne l'obligerait pas à courir à nouveau ou à souffrir davantage. Elle ne voulait plus souffrir. La honte et la peur ne lui laissaient aucun répit. Ses cheveux étaient désormais courts, coupés au hasard par une lame de ciseau effilée, la même lame qui avait pénétré son œil. Une mèche plus longue, ayant échappée au rituel des vampires, se perdait dans le dos d'Elia. Son corps, caché par ses vêtements de nuit, arborait des traces de coups ; son visage était tâché de sang. Elle était méconnaissable.


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Elizabeth O'Brien, élève de sixième année dans la maison Poufsouffle. 

Crédit avatar : Fae.
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