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Un coeur de velour

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1 Un coeur de velour le Mar 20 Déc 2011 - 3:55

Psyvius

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2ème année
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Je me permet de vous prévenir que ceci est ma première tentative à l'écriture de récit romantique.

J'espère que vous saurez me dire s'il est bien, et ce qu'il y aura à corriger.

Merci de votre lecture : Un coeur de velour


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2 Re: Un coeur de velour le Mar 20 Déc 2011 - 17:11

Psyvius

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2ème année
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version finale à la fin



Dernière édition par Karlan Irey le Dim 25 Déc 2011 - 21:12, édité 1 fois


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3 Re: Un coeur de velour le Mar 20 Déc 2011 - 19:48

Kamira Manliot

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2ème année
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Personnellement j'adore. C'est fluide et le style d'écriture laisse penser que tu viens de cette époque. J'aime vraiment beaucoup ^^

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4 Re: Un coeur de velour le Ven 23 Déc 2011 - 17:14

Elisa Brecelien

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2ème année
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C'est vraiment bien, on est transporté dans ton histoire et j'arrivais presque à sentir les odeurs que tu décrivais. Seul petit reproche que je peux te faire c'est la mise en page et la ponctuation qui te font défaut.


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La vie vous ramène parfois vers des maisons oubliées,
Lorsque l'on ose pousser la porte, on découvre souvent des merveilles inattendues..


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5 Re: Un coeur de velour le Ven 23 Déc 2011 - 20:41

Psyvius

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2ème année
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Voui, alors la mise en page, c'est parce que c'est un copier collé rapide et brut, donc ça encore, c'est corrigeable.

Par contre, pour la ponctuation, je l'ai déjà revue, mais j'ai du mal en effet.


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6 Re: Un coeur de velour le Ven 23 Déc 2011 - 21:01

Elisa Brecelien

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2ème année
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T'inquiète, c'est pas trop grave ^^


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7 Re: Un coeur de velour le Dim 25 Déc 2011 - 21:27

Psyvius

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2ème année
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Un cœur de velours

La lumière dans la pièce est dorée, comme beaucoup d’autres choses, les murs aux tapisseries beiges tissés d’or sur lesquelles des tableaux représentaient de grandes étendues verdoyantes et pleines de vie. Au détour d’un moulin, entouré de champs de blé ou un ruisseau paisible où se reflète la cime des arbres ou encore le corps d’une jeune femme, enveloppé dans une robe somptueuse, un masque cachant le haut de son visage tout comme celui de son partenaire, bel homme à la carrure respectable, enchainés dans une valse de tissu et de couleur. Déjà on peut sentir l’odeur des multiples petits fours, odeur de fromage, de chocolat, de viandes et de pain. Plus tard s’y mêlera celle du parfum des femmes, des hommes, l’odeur de tabac, du musc, du cuir et des teintures. Tout cela n’est que la surface de la soirée qui s’annonce, mais déjà je m’en gondole. La fortune de notre famille aidant, j’ai gagné une réputation exquise quant à l’organisation de soirées masquées, ce sera la troisième que j’organise ce mois-ci et déjà ma suite est pleine. De vieilles femmes respectable, de vieilles femmes belles et respectables, parfois accompagnées d’un jeune courtisant, mais souvent l’inverse, des hommes à la force de l’âge accompagnés de jeunettes fraiches et désirables.
Avec mon ami Léonard, nous serons les seuls jeunes hommes de ma soirée, autant dire que nous serons aux honneurs, encore une fois. Nous nous connaissons à travers nos mères qui se réunissaient au cours de salon, autour d’un thé, parlant d’art et de belles choses comme les femmes savent le faire. Etrangers, amis puis très bons amis, nous formons la jeunesse masculine de l’Elite.

L’Elite, avec un grand «E» c’est par ce nom que Père et Mère appellent ceux qui possèdent ce que les autres convoitent. L’Elite regroupe les hommes, femmes ou familles les plus riches, les plus prospères. Nous, c’est-à-dire Père, Mère et moi-même, faisons partit de cette Elite. C’est sans conteste que j’ai la richesse d’une main, le pouvoir dans l’autre et la beauté en mon corps. Sans modestie ni arrogance, je souhaite et suis déjà un modèle pour tout autre.

Moins de trois heures plus tard, je faisais allumer le gaz dans le grand salon et dans la galerie. Le grand salon était aux honneurs le plafond, impeccablement nettoyé, était d’un blanc de chaux, aux enluminures et ouvrages d’art digne du palais d’un roi. La dorure des murs, sublimée par la lumière chevrotante des lampes à gaz, les tableaux semblaient vivants, aux paysages en mouvements. Le parquet de chêne massif avait été ciré, comparable à un miroir ocre, la beauté de la pièce s’étendait au-delà du sol, reflétée, amplifiée. Père aurait préféré que j’utilise le grand lustre, mais l’idée de la cire tombant sur mes invités est tout simplement insupportable. Mes soirées avaient une renommée chaque fois plus grande, si une échappée de cire bouillante venait à indisposer l’un ou l’une de mes convives, je ne me le pardonnerais pas. Surtout que, si la soirée n’était pas payante, c’était grâce aux pourboires donnés gracieusement qui suffisaient à ravir mon père, mieux, à permettre une plus belle soirée par la suite. La galerie elle, était le trésor amassé par notre famille depuis des générations. Sculptures, tableaux, écrits, icônes, céramiques, des trésors venant des quatre coins du monde. Cadeaux, achats ou découvertes, chaque pièce avait son histoire, son périple, sa valeur, marchande et sentimentale. La galerie donnait sur une véranda, qui elle-même donnait sur le jardin, éclairé par la lune, les étoiles et quelques lumières parsemées.

Ma première invitée fit son entrée, Lauranne, toujours très séduisante, même si Léonard m’assurait du contraire, à cause de sa petite poitrine et son air rebelle. Je la trouvais délicieuse, ses yeux noirs, son visage blanchit, cerné par ses cheveux longs et noirs. Sa robe pourpre lui allait à merveille, légèrement fendue dans le dos, elle la porte à chaque grande occasion, mes soirées étant ce genre d’occasion. Sa famille était sur le déclin, jusqu’à ce que son père décède et que le prétendant de sa mère, le Duc de Varmacelle, devienne son beau-père. Depuis lors, elle jouit de moyens extraordinaires, la mort de son mari, le mariage rapide qui s’en suivit et l’apport énorme du Duc, en faisant une Duchesse, est sujet à de nombreux ragots et bon nombre d’hypothèse. Notamment que Feu son mari était cocu.
- Lauranne, toujours la plus belle et la plus ponctuelle, n’as-tu donc point de défaut ? Un sourire malin aux lèvres, je la fixais droit dans les yeux, regard qu’elle soutenait parfaitement.
Comme à son habitude, elle me fait son sourire délicat, feignant une courte révérence.
- Et toi donc Ludovic ! Ne seras-tu donc jamais à court d’argument pour entrainer les belles demoiselles dans ton lit ? C’était à elle, à son tour, de me couvrir d’éloge, faux éloge plutôt. Nos sourires se confrontaient, nous étions tout aussi heureux l’un que l’autre de se retrouver.
Ce genre de discours huppé, nous les aimions beaucoup, une sorte de signe de reconnaissance, un petit clin d’œil, parodiant certains et certaines de l’Elite.
- Il faut croire que non, pas tant que je ne vous aurais entrainé dans ce genre de danse, très chère. Mes yeux pétillaient, il est vrai que je la voulais mienne, c’est sans doute cette sincérité qui la touchait.
Malgré la poudre blanche sur son visage fin, on pouvait la deviner rougissante. Après tout, peut-être bien qu’il était dans ces projets de danser un peu. Elle releva les yeux vers moi, se reprenant en main :
- Et tu n’es toujours pas prêt ? Comme à ton habitude tu attends le dernier moment, hâtes-toi, j’ai vu plusieurs de tes convives à discuter dans un troquet, ils ne devraient plus trop tarder. Son air de maîtresse de maison lui allait à ravir et cela, depuis que je la connaissais.
- Je suis bien d’accord avec toi, viens donc m’aider, en échange, je te prêterai ce masque que tu aimes temps. Lui dis-je, en reprenant mon air malin.
- Tenterais-tu de m’appâter dans ta chambre ?
- Tout à fait, mais tu n’es pas obligée de mordre ! Lui répondis-je avant de rire doucement, elle se joignant à moi.
On ne se connaissait que depuis trois ans mais notre complicité était telle que nous nous connaissons énormément l’un l’autre, comme depuis toujours. Cependant, jamais je ne lui avouerai mes sentiments et elle non plus. Notre amour, si c’était de l’amour, était des plus platoniques.

Je poussais sur une porte dissimulée dans la tapisserie, accédant ainsi à l’autre partie de ma demeure familiale, Lauranne, comme à son habitude, me prit par la main pour me suivre, tandis que nous montions les escaliers. Entendant du bruit, Père sortit de son bureau, me voyant avec une jeune fille, il haussa les sourcils, un sourire aux lèvres :
- Déjà ? Ah non, bonsoir Lauranne, je t’avais prise pour des conquêtes de ce coureur de jupon.
Père avait une voix rauque, il fumait trop, mais cela lui donnait un air des plus impressionnants, écrasant de sa présence, déjà très affirmée. Il parlait souvent avec humour et heureusement. S’il n’a jamais travaillé, il sait comment manier l’homme et obtenir ce qu’il en veut. Sa grande carrure, sa voix rauque et ses yeux d’un bleu profond en faisait un adversaire redoutable. Ses bacchantes argentées et sa longue chevelure bientôt blanche lui donnait l’air d’un grand sage, pourtant il a déjà sauvé plusieurs fois son honneur en duel, un tireur hors-pair.
- Je ne fais que suivre votre exemple Père ! Vous êtes sûr de ne pas vouloir vous joindre à la soirée, ce serait un honneur. Il fallait lui répondre sur le même ton, je l’avais découvert bien assez tôt, sans quoi le jeu n’en devenait pas un. Cependant, il m’intéressait plus de le convier à ma soirée, car jamais encore il ne l’avait fait.
- Je n’ai pas besoin de petits fours pour être représenter, tu es ici chez toi, je ne voudrais pas te voler les lauriers par ma simple présence. Hâtes-toi donc et réussis cette soirée. Il a toujours été de bon conseil, peu paternel mais très soucieux de l’image de chacun dans sa famille. Il ne voyait que par l’étiquette et uniquement par l’étiquette il était vu.
Père et Mère étaient habitués à me voir avec Lauranne, ils la prenaient pour une fille de joie, me suivant ainsi jusque ma chambre, mais après leur en avoir parlé, ils comprirent ma position et la sienne. Depuis lors, ils ne s’étonnaient plus de la voir me suivre, la traitant avec courtoisie et distinction, la demoiselle de Varmacelle.

- Ton Père est toujours aussi distant, mais tellement bien dans son rôle que je ne saurais l’en blâmer.
- Père a toujours été distant, même de mère, il préfère ses revues à une soirée et son bureau à la salle à manger, cependant, j’aime beaucoup de taquiner à cela.
- Hâtes-toi, nous perdons de l’avance sur tes invités.
Je me déshabillais, sans aucune gêne, elle me regardait faire, me disséquant du regard. Alors que j’étais en sous-vêtements et que je me dirigeais vers la commode. Elle dans mon dos, je lui posais une question récurrente qui me parcourait l’esprit depuis un bon moment :
- Et si on couchait ensemble ? Pas maintenant, pas tout de suite, mais par exemple, quand nous auront un peu bu, à la fin de la soirée. Le ton à demi sérieux, c’était à la fois une plaisanterie et un souhait bien réel.
- Tu sais très bien que nous ne ferons pas ça, ce ne serait pas correct. Cette réponse, nous la connaissions tous les deux. Je l’imaginai rougissante, sauvée et incombée par cette réponse.
- Allons, je sais que tu en meurs d’envie, moi également, mais tu continues à dire non ?
- Tu es très bel hommes, mais tu sais très bien qu’entre nous il n’y a pas d’avenir.
Plus le temps passait, plus je la désirais, cela fait déjà trois ans que ça dure, cette complicité entre nous.
- Que fais-tu de la passion ? Cette question, me venait droit du cœur, elle dépassait le jeu, prenant pied sur mes sentiments.
- Habilles-toi, je vais accueillir tes invités. Elle s’était levée, prononçant ces mots en fermant la porte.
Encore une fois, elle me quittait avec ce sourire triste, si je rêvais de la croquer, elle rêvait sans doute de vivre à mes côtés. Cependant, une alliance entre nos famille était tout simplement impossible, chacune étant extrêmement riche mais de milieux bien trop différents, si mes parents faisait partit des plus riches de la haute bourgeoisie, le duc faisait partit de cette noblesse passée, mais encore à la recherche de «pureté», ainsi jamais il ne permettrait qu’un simple bourgeois épouse Lauranne. De plus la richesse du Duc lui vient de la guerre et des armes, en bonne partie de manière légale et glorifiante, sauf bien sûr pour les prêcheurs de paix, comme Père et Mère.

Sans plus perdre de temps, je revêtais mes plus beaux atours, une chemise blanche, fine et légère. Un gilet d’un velours bleu océan, laissant apparaître la dentelle descendant du col de ma chemise. Un pantalon un peu plus sombre tissé d’un fil pourpre et un autre doré. Mes chaussures de cuir, cirées, lustrées et soignées, une redingote descendant jusque mes genoux, d’un beige lumineux. Ma dernière touche était mon chapeau haute forme, lui aussi beige, un ruban rouge fermé d’une boucle en or. Lissant ma fine moustache et remettant mes cheveux en ordre, je me mettais un peu de mon meilleur parfum, posais mon chapeau sur ma tête et, mon masque dans une main, celui pour Lauranne dans l’autre, je prenais la direction du grand salon.

Descendant ainsi, j’entendais Père pouffer, de moi ou de ses écris, j’en avais cure et surtout, cela ne changeait rien. Arrivé en bas, j’ouvrai la porte cachée pour arriver dans le grand salon. Lauranne était là, perdue dans ses réflexions, encore personne n’était arrivé. Installant le masque sur le visage de Lauranne qui me boudait encore un peu, je lui déposais un baisé sur la joue, pour me faire pardonner. Le regard toujours dans le vague, elle passait sa main sur sa joue :
- Tu es vraiment ignoble avec moi tu sais. Me dit-elle d’un ton las.
- Je sais, mais c’est sans doute pour ça que je t’aime tant, parce que tu es forte.
- Je ne suis pas assez forte pour ça, chaque fois que je te vois, je tombe amoureuse, à chaque fois que nous nous quittons mon cœur se déchire mais jamais nous ne pourrons faire vivre cet amour. Les larmes lui montaient aux yeux, elle mit directement mon mouchoir sur ses yeux, pour ne pas gâcher son maquillage.
- Tu sais…je…
- Non Ludovic, je ne sais pas. Tu passes ton temps à courir les filles, les prenant dans ton lit pour un soir ou deux puis la laissant partir comme une simple invitée. Non je ne sais pas si tu m’aimes, si tu aimes mon corps ou si ce n’est qu’un jeu pour toi. Lauranne était bouleversée, je ne pouvais pas lui donner tort, mais je lui en voulais d’avoir gardé ça pour elle.
- Lauranne…
Cette fois-ci, c’était la cloche de l’entrée qui m’interrompait, une riche assemblée arrivait, bras ouverts, sentant déjà le tabac, le chocolat et le café. Il y avait là d’autres riches aristocrates, mais aussi le fils du grand intendant, mon ami Léonard. Déjà il était l’heure des compliments sur les parures, des robes et des redingotes. Mon chapeau avait toujours son effet et le masque de Lauranne, en plus de la rendre méconnaissable, lui allait à ravir. Elle avait ravalé sa peine pour laisser place à sa bonne humeur habituelle, quoi qu’un peu moins pétillante.
- Mon seigneur, vous voilà fort bien vêtue pour bien belle soirée ! Je parlais toujours en ces termes avec Léonard, ainsi il était évident que nous ne pouvions pas nous manquer.
- Mon très cher hôte, sachez bien que ma grande beauté n’a d’équivalent que votre grandeur d’esprit, quant à organiser une telle soirée, mais aussi à la beauté de votre richissime demeure.
Des invités, certains étaient habitués et nous regardaient parler en ces terme avec humour, tandis que d’autre se renfrognaient, feignant une quinte de toux, nous croyant moqueur.
Passant un bras sur les épaules de Léonard, j’étalais devant nous un voile invisible, tout en lui décrivant mes projets :
- Mon bon ami Léonard, ce soir sera une soirée magnifique, nos convives ont été triés avec minutie. Les femmes les plus riches de nos contrées et de nos contrées voisines seront parmi nous dans fort peu de temps. Parmi elle, de belles jeunettes, prêtes à se faire dévorer du regard. Après ce soir, tu seras heureux, amoureux et riche, mon ami !
- Ludovic, Ludovic, s’il te plait. Arrêtes donc de vouloir offrir mon cœur aux autres, je crois pouvoir le faire moi-même. Quant à l’offrir à la femme la plus riche de la ville, je n’en vois pas d’inconvénient sinon que je devrais t’imiter, feignant d’être heureux !
Nous nous mettions à rire dans les bras l’un de l’autre, c’était chez nous une discussion avec un fondement et un but depuis longtemps épuisé, tout comme les histoires d’amour entre moi et Lauranne. Le goût amer laissé par ces conversations nous obligeait à rebondir. Aussi nous nous séparions d’un regard complice pour aller conquérir quelques attentions, mais aussi commencer à déguster les délicieux nectars et mets disposés sur les tables.

Quand furent entrés les derniers invités, on referma les portes et l’ambiance doucement se posait. On discutait de tout, des tableaux, de la qualité des dorures, du dernier duel, mais aussi de leur dernière conquête. Les sujets récurrents restaient l’acquisition d’une œuvre de qualité ou les derniers scores de bilboquet.
Après mettre excusé auprès d’un homme à la voix aussi profonde que ses pensées, je pris une flute emplie d’un liquide doré, des colonnes de bulles faisant frémir la surface du liquide, l’odeur fruitée et légèrement alcoolisée était délicieuse, je le levais de quelques centimètre et d’une pichenette, fit résonner le cristal :
- Dames et Sieurs, je voudrais porter un toast à cette soirée qui commence tout juste. Le chef mot de ce soir sera le régal, régalez-vous des délicieux petits fours, du champagne, du vin, du chocolat, mais aussi de la beauté de chacun et chacune en ces lieux.
J’allai prendre une rapide gorgée quand je vis Lauranne approcher, une flute à la main, venu trinquer avec moi. Penchant mon verre vers le sien, tinta la douce mélodie d’un début de soirée.
- Tu es toujours aussi doué pour conquérir le cœur des gens, ça m’impressionnera toujours cette facilité avec laquelle tu…
Je lui posais doucement un doigt sur les lèvres, doigt que j’embrassai après l’en avoir libérée.
- Lauranne, pourquoi être si distante ? As-tu tant que ça peur de tombée amoureuse de moi ?
- Ludovic, amoureuse je suis déjà, mais je ne me suis pas encore abandonnée à toi, c’est justement pour cela que je dois me montrer distante, même si je me sens irrésistiblement aspirée vers toi.
- Laisses-moi te compliquer la tâche !
Ces derniers mots, je les avais prononcés avec un air plein de malice, elle était à la fois inquiétée et charmée par mes mots. Même si elle le reniait, même si elle refusait de l’admettre et de l’assumer, Lauranne, la belle et douce Lauranne, était déjà mienne.
- Dames et Sieurs, je vous propose de quitter nos pantoufles de parloteurs pour enfiler celles de danseurs. Je me suis permis de faire venir un petit orchestre que vous avez peut-être vu dans un magnifique concept culturel qui se nomme, L’Opéra.
La nouvelle fut accueillie par des applaudissements, une vague de murmure et surtout d’excitation. En effet, les jeunes femmes et jeune hommes commençaient à trouver le temps long.
- Tu as osé faire venir mon orchestre préféré ici ?
C’était Lauranne, malgré son masque, je la savais rouge feu, ses yeux qui me dévoraient d’une fougue animale me le disait.
- Il faut croire que oui, mais ce n’est pas uniquement pour toi, il y a beaucoup de belles jeunettes dans cette salle, peut-être en trouverais-je une à mon goût.
- Tu es abominable !
Vexée, ou faussement vexée, elle tournait les talons pour se fondre parmi les convives avant que je n’eus le temps de la suivre. Mais déjà l’orchestre s’installait dans un coin de la salle, bien sûr il n’était pas au complet, ç’aurait été ridicule et bien trop encombrant.
Je dû abandonner l’idée d’ouvrir cette partie de la soirée entre les bras de Lauranne, alors que je présentais l’orchestre, son parcourt et son histoire, les jeunes femmes choisissaient déjà leur cavalier. Comme prévu, Léonard et moi-même étions aux honneurs, beaucoup d’autres couples s’étant formés, je fis signe à l’orchestre de commencer. Trois jeunes femmes me souriaient timidement, leurs yeux implorant mon approbation, la première était d’une laideur discrète et maquillée, elle en était presque effrayante, cependant la richesse de sa parure en disait long sur sa provenance, une noble, peu gâtée à la naissance par ses parents, il lui restait une beauté vestimentaire tout à faire remarquable. La seconde, bien plus jeune que moi, d’environ 17 ans, était dotée d’un charme saisissant. Bien que peu charnue, son regard timide et fuyant, sa robe simple et claire, sa peau blanche et ses cheveux cuivrés, lui donnait un charme implicite et une fraicheur désirable. La dernière, la plus en chair, disposait d’arguments que Ludovic saurait apprécier à sa juste valeur, revêtue d’une robe de velours vert, elle laissait un peu trop voir de sa personne. Si beaucoup de regard venaient lécher sa peau, le mien ne faisait qu’y glisser. J’exécutais une rapide courbette à l’effigie des trois jeunes femmes, elles qui me fixaient sans se voir entre elles. Je me tournais vers la rouquine à qui je fis un rapide clin d’œil, immédiatement, elle abaissait son regard, portant timidement une main à son visage, comme si de sa main, elle pouvait s’empêchée de rougir.

Me dirigeant vers le buffet, je me tournais vers la jeunette aux cheveux de cuivre, lui faisant signe de m’y rejoindre. J’y demandais deux flutes de champagne, et piochais une petite perle de chocolat. Comme attendu, elle n’avait pas osé bouger d’où elle était, aussi je l’y rejoignis, sous le regard médusé de ses deux concurrentes, je glissais la perle raffinée et exquise entre les lèvres de ma future cavalière.
- Puis-je permettre de connaître votre nom, vous qui êtes qui bien masquée ?
- Je…Floriane.
J’avais rarement vu des personnes aussi timide, sans doute sa première soirée, peut-être même son premier contact avec le genre masculin.
- Et bien ma demoiselle Floriane, permettez-moi de vous donner ce verre, avant que nous n’allions faires quelques pas ensemble, qu’en dites-vous ?
Je la fixais droit dans les yeux, elle peinait à soutenir mon regard, tout comme à garder son masque devant son visage, tenant un peu trop délicatement la tige qui soutenait son masque.
- Je…je ne bois pas d’alcool.
- Allons, traiter un si bon champagne avec tant de rigueur, c’est comme si je vous disais que vous ressembliez à toutes les femmes de la région. Ce champagne est à l’alcool ce que votre beauté est à celle des femmes, un miel.
Un sourire charmé mais gêné se formait sur ses lèvres, elle n’avait pas l’habitude d’être courtisée, mais savait reconnaître les belles paroles.
Finalement elle acceptait de gouter au champagne, mais elle était visiblement trop jeune pour apprécier celui-ci à sa juste valeur. Elle fit une moue presque indécelable tant elle était discrète, avant de m’assurer que le champagne était délicieux.
- Ou…oui, vous avez raison, il est vraiment excellent.
- Allons, ne vous forcez pas pour me faire plaisir, reposons nos verre et allons faire quelques pas parmi les autres.
Ainsi, on lui avait appris à se contrôler afin de faire honneur à ses hôtes. Elle devait descendre d’une autre famille d’aristocrate. Cette petite Floriane, elle m’était de plus en plus agréable, peut-être même pourrais-je m’en éprendre à ce rythme.
- Vous avez raison, je préfère la danse au champagne. Mais mon âge ne vous…
Avant qu’elle ne continue, je lui posais un doigt sur les lèvres, doigt que j’embrassais après l’en avoir libérée.
- Votre âge, notre différence, ne me gêne en rien, sinon que vous être plus jeune et plus pure que moi.
Arrivés parmi les danseurs nous nous joignons à la valse oscillant doucement. Je me rends alors compte qu’elle est beaucoup plus petite que moi, je la domine de deux têtes environ. Je sens sous le tissus de sa robe le cuir d’un corsage, peut-être est-ce cela la source de sa gêne, quoi qu’elle n’ait point l’air d’en avoir besoin. Elle bouge avec grâce, elle a été entrainée à la danse, je me sens, pour le coup, très raide par rapport à elle, mes pas sembles saccadés, mon dos tel le tronc d’un arbre mort.
- Vous dansez magnifiquement bien, qui donc a bien pu vous initier ainsi ?
- C’est professeur qui m’a appris, ce fut très long et vraiment pénible, mais à présent, j’en suis vraiment fière. Vous dansez également très bien.
- Merci bien, mais vous me dépassez de beaucoup, je ne regrette pas de vous avoir prise comme cavalière.
Je lui indiquais discrètement un autre couple qui c’était formé. L’une des prétendantes, la plus en chair, qui dansait avec un freluquet qui peinait à mener la valse. Il ne fallut pas plus de deux minutes pour qu’ils n’abandonnent. Floriane afficha un sourire amusé, on lui avait aussi appris cela, à ne pas rire, mais seulement sourire, décidemment, elle tenait ses manières du grand monde, heureusement, je la sentais de moins en moins tendue.

Doucement, très doucement, je changeais la danse pour briser le rythme, pour déstabiliser ma cavalière, afin voir jusqu’où elle saurait me suivre. Je bougeais un peu moins vite, de ma main dans son dos je la plaquais contre moi, de mon autre main, avec mon pouce, je faisais un petit cercle sur le dos de sa main. Doucement, elle devint rougissante, n’osant même plus me regarder. Ce petit tour marchait souvent, je pouvais voir comment elles réagissaient à ce pour quoi elles ne sont pas préparées. Elle avait le regard dans le vide, semblait réfléchir. Quand de nouveau ses yeux se posèrent sur moi, ils étaient emplis de cette flamme que j’aime tant, le désir. Désir de séduire, désir de plaire, désir de l’autre, quand une telle émotion habitait un être, plus rien ne pouvait l’arrêter. Doucement, avec une mesure réfléchie et calculée, elle commençait à répondre à mes hostilités, frottant doucement ses jambes aux miennes ou d’un lent mouvement, imperceptible, de sa main dans mon dos. La situation était des plus plaisante, une jeunette s’offrait à moi, fraiche et magnifique, au sein d’une soirée somptueuse, organisée par mes soins, tout allait pour le mieux, un succès des plus total.
Mais ce fut la fin du morceau, Floriane me dévorait du regard, l’espace d’un instant, entre la fin du morceau et le début des applaudissements. Léonard m’adressait un regard plein de respect, s’affichant comme ayant les mains vides, Lauranne capta notre regard et tomba sur Floriane. Elle la fixait, la décortiquait du regard pendant quelques longues secondes. Elle devait se dire que j’étais un abject personnage, esclave de ses pulsions. Autrement dit un horrible coureur de jupon. J’étais à la fois honteux et heureux, heureux avec Floriane, honteux avec Lauranne.

Doucement la soirée avançait, les danses se suivaient, les discutions évoluaient. Les hommes étaient de moins en moins sobres, tout en restant très digne, souvent ils se laissaient tomber dans les fauteuils, continuant à siroter un verre tout en discutant quelques sujets avec un ou plusieurs camarades. Quelques femmes, parfois coti continuaient à danser, affalées dans les bras de leur cavalier. Sur la fin, il y eu même quelques chutes, suivis de grand rire et de précipitations. La fin de la soirée appartenait donc à la jeunesse, avec des airs un peu plus rythmés, mais surtout, après le départ des moins jeunes, un très net relâchement. Libérés du jugement des anciens, on pouvait discuter librement de sujets moins convenables à leurs oreilles. On parlait musique, politique, religion, technologie mais aussi argent, sexe, vêtement et amour. Léonard, se fonceur, avait conquis une bien charmante femme, d’une poignée d’année de plus que lui, à vue d’œil et au bruit de la gifle magistrale, il avait posé une mauvaise question. La demoiselle quitta la soirée le visage rouge, les traits froncés. Je me sentis pris d’un excès de jalousie, presque destructive, quand je vis quelques jeunes hommes courtiser Lauranne. L’envie de leur passer sur le corps n’était retenu que par le sourire de Lauranne et celui de Floriane. Toutefois je sentais en moi mon cœur rugir, me hurlant de la leur arracher.
- Ludovic, quelque chose ne va pas ? Me demandait Floriane, suivant mon regard elle tomba sur Lauranne. Tout de suite, elle comprit. Oh…je suis désolée, j’espère que…
- Non Floriane, vous ne me troublez point, Lauranne est une amie de longue date, je n’aimerai pas la voir tomber dans de mauvais bras. Ce n’est qu’une amie, contrairement à vous, qui êtes un peu plus.
- Allons, nous ne nous connaissons que trop peu. Répondit Floriane, rougissante.
- C’est pour cela que nous nous reverrons, si bien sûr ma compagnie ne vous afflige pas. Rares étaient les fois où je pensais ces mots, rares aussi étaient les fois où on me répondait autrement que par un sourire poli. Cette question restait souvent sans réponse car délicate.
- Mais…bien sûr que non, enfin, je veux dire que vous êtes de très bonne compagnie, je vous reverrais bien sûr, heu, avec plaisir.
L’alcool aidant, la petite Floriane avait du mal à cacher ses émotions, ses sentiments. Au fond de la salle, son accompagnateur semblait s’impatienter. Aussi, entre le pouce et l’index, je pris son menton :
- Malheureusement, votre voiture semble prête à partir. Je vous inviterai après demain au grand parc, qu’en dites-vous ?
Elle avait les yeux grands ouverts, brillants, prête à s’offrir, mais cela je ne pouvais pas, pas sous les yeux de ce monsieur, qui me disséquait du regard depuis le fond de la salle.
- J’adorerai, je vous inviterai alors à prendre le thé, j’habite à deux pas du parc.
Toutefois, afin de marquer cette soirée, plutôt que de lui baiser la main, c’est en baisant sa joue que je mis fin à notre soirée. Je regardais partir, fixant l’homme, grand et fort bien bâti, il s’inclina légèrement en faisant passer Floriane devant lui, avant de lui-même s’éclipser. Il avait sans doute apprécié ma retenue en embrassant pas Floriane. J’attendais encore quelques instants avant d’aller vers Lauranne, qui était entourée de trois jouvenceaux.
- Allez-vous en donc, oiseaux de malheur. Leur dis-je, pour les faire partir avec humour. Cependant l’un d’eux semblait avoir un peu de cran.
- Et pourquoi donc ? Te serait-elle fiancée ? Ou ton amante ? Me répondit-il, un sourire aux lèvres.
Ses questions étaient insultantes envers Lauranne et il était incorrect de parler en ces termes au maître de soirée. Aussi je lui administrais une correction à la française. En effet, j’étais de ceux qui pratiquaient la boxe française, usant de la canne aussi bien que les anglais naviguaient. Bientôt il fut parterre gémissant, je demandais aussitôt à ses deux camarades de le relever de partir.
- Tu as décidément le chic de t’attirer l’œil des mauvais gars. Dis-je à Lauranne, en plaisantant.
- Et toi le chic pour m’attirer mes foudres et mon amour. Pourquoi es-tu venu les faire fuir ? Aurais-tu le droit de séduire et moi condamnée à t’attendre ? Elle était à demi sérieuse, toute fois, la question était bien fondée et exigeait réponse.
- Eh bien, je ne supporte pas de te voir courtisée par des gringalets, pas même capable de te défendre ou de se battre pour rester avec toi. Je ne veux pour toi, qu’un homme aussi fort que moi, sans quoi je ne me le pardonnerai pas.
- Tu ne te pardonnerais pas quoi ? Elle suivait avec attention ce que je lui disais, car ça importait pour nous deux, notre avenir, notre relation.
- Je…je ne me pardonnerai pas de te perdre.
Lauranne écarquilla alors les yeux, surprise, blessée, touchée, amoureuse et je ne sais quoi encore. Je le sentais, en elle bouillonnait énormément de choses, trop d’émotions, trop de sentiment, l’alcool n’aidant pas. Je la pris alors dans mes bras, à la surprise des quelques convives qui restaient dans les parages, même Léonard. Elle enleva son masque et posa son front sur mon épaule, elle pleurait, presque silencieusement.
- Tout le monde nous regarde, demain ce sera officiel, pour tout le monde, nous serons ensemble, ça risque de me causer des problèmes. Lui dis-je d’un ton détaché, en lui frottant affectueusement le dos.
- Tant mieux, tu ne mérites pas mieux, à me traiter de la sorte. Pendant un moment, j’ai bien cru que tu allais embrasser cette fille, le Korrigan vert aux cheveux roux. Elle avait la voix grasse, troublée, elle ne savait pas quel ton adopter.
- Floriane ? C’est moi qui ne voulais pas, mais elle, son corps me disait oui. Je…
- Si tu dis que tu es désolé, je te tue sur place. Quel pire mensonge tu pourrais me dire qu’être désolé de faire tomber les filles dans tes bras.
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